Cérémonie d’inauguration de la Fresque des Ambassadeurs de Samarkand [ru] [uz]

La cérémonie d’inauguration de la Fresque des Ambassadeurs de Samarkand a eu lieu jeudi 21 septembre en présence de Mme Violaine de Villemeur, Ambassadeur de France en Ouzbékistan. Cette unique réalisation est le symbole même de l’ancienneté et de l’intensité des relations entre archéologues français et ouzbèkes.

Le projet de restauration de cette fresque a été initié en 2012 par la Mission archéologique franco-ouzbèke de Sogdiane, sous l’égide du ministère de la Culture et des Sports de la République d’Ouzbékistan ainsi que de la Direction des musées de Samarcande et avec le soutien de l’UNESCO. Plusieurs pays ont répondu à l’appel notamment à travers leurs Ambassades en Ouzbékistan. Grâce à ces contributions, des fonds ont pu être levés par l’« Association pour la sauvegarde de la peinture d’Afrasiab » qui ont permis d’amorcer les travaux de restaurations sous la conduite de deux spécialistes, l’une française, Mme Géraldine FRAY, et l’autre ouzbèke, Mme Marina Reutova.

Ce projet a été soutenu financièrement par l’Ambassade de France en Ouzbékistan, par la Fondation Carnot (Fondation de France), l’Association timouride et la Fondation du Collège de France, ainsi que par l’Ambassade des Etas-Unis, l’Ambassade de Suisse et la Fondation coréenne Northeast Asian History.

Découverte fortuitement en 1965 sur le site d’Afrasiab, la Fresque des Ambassadeurs, qui date du 7ème siècle de notre ère a d’abord été restaurée et exposée en 1985 à Samarcande. Elle a pour thème les relations diplomatiques du roi Varkhuman avec les Etats voisins, notamment la Chine et constitue probablement le meilleur témoignage de l’Age d’Or de la Route de la Soie et de la puissance de Samarcande à cette époque. Son importance historique et artistique est donc incontestable, non seulement pour l’Ouzbékistan mais pour l’ensemble de la communauté internationale. Pour les autorités ouzbèkes, c’est le moyen d’inscrire l’ancienneté et la richesse de leur histoire, antérieure et indépendante à la période musulmane et à la présence tsariste puis soviétique.

Par-delà la Fresque des Ambassadeurs, la France est présente depuis 1989 avec quatre missions archéologiques couvrant ainsi plusieurs époques :

1/ la période historique de la Sogdiane, des débuts de l’âge du fer aux invasions mongoles (13ème siècle) avec la mission de Sogdiane (MAFOUZ-Sogdiane) à Samarkand et sur plusieurs autres sites, créée en 1989 et co-dirigée par M. Frantz Grenet, Professeur au Collège de France, et M. Mutalib Khasanov, chercheur à l’Institut d’archéologie de l’Académie des sciences de l’Ouzbékistan et qui permet d’aborder des thématiques importantes comme les origines du zoroastrisme, la géographie historique de l’Asie centrale en général,le grand commerce sogdien ;

2/ la conquête d’Alexandre-le-Grand jusqu’à l’arrivée de Gengis Khan avec la mission de Bactriane Septentrionale (MAFOUZ-Bactriane) créée en 1993 , sur le site de Termez dans le Sourkhan-Daria, à la frontière de l’Afghanistan et dirigée par M. Pierre Leriche, Directeur de recherches au CNRS, et M. Tuhtash Annaev, Professeur à l’Université de Termez et dont l’objectif est d’étudier le peuplement, la mise en valeur et l’urbanisation de cette région ;

3/ la culture néolithique de Kel’teminar (7ème - 4ème millénaires) avec la mission Ajakagytma sur la Néolithisation en Asie centrale (MAFANAC), créée en 2005 dans le désert du Kyzyl-kum et co-dirigée par Mme Frédérique Brunet du CNRS et M. Muhiddin Khudzhanazarov de l’Institut d’archéologie de l’Académie des sciences, et qui témoigne de la plus ancienne domestication des bovins en Asie centrale et d’une culture matérielle très riche, qui associe les traits d’une société de chasseurs-cueilleurs-pêcheurs de tradition mésolithique à des caractères néolithiques ;

4/ les époques islamiques, depuis la conquête arabe jusqu’à l’abandon de la ville qui semble dater des 16ème-17ème siècles avec la mission dans l’oasis de Boukhara (sites de Paykend et de Romitan), créée en 2009, et conduite par une équipe du Musée du Louvre/Département des arts islamiques, sous la direction de M. Rocco Rante, et par une équipe de l’Institut d’archéologie de l’Académie des sciences d’Ouzbékistan, sous la direction de M. Dj. K. Mirzaakhmedov.

Dernière modification : 03/10/2017

Haut de page