Interview de l’Ambassadeur à l’agence d’information "Dunyo" [ru]

Interview de l’Ambassadeur Violaine de Villemeur à l’agence d’information "Dunyo" à la veille de la visite du Président ouzbek en France.

Pourriez-vous partager votre vision de l’état actuel des relations entre l’Ouzbékistan et la France ?

- Notre relation s’enracine dans l’Histoire puisque nos premiers échanges remontent à l’époque de Charles VI et d’Amir Timour. Il nous revient maintenant d’écrire ensemble un nouveau chapitre. Depuis 2017, la relation franco-ouzbèke s’est densifiée et s’est renforcée, notamment grâce à de nombreuses visites de délégations de haut niveau, dont les visites à Tachkent et à Paris des ministres français et ouzbek des Affaires étrangères. Nos échanges bilatéraux sont équilibrés mais encore très faibles. Nos pays se connaissent peu et mal. Cette visite du Président ouzbek à Paris donnera une impulsion importante à l’image de l’Ouzbékistan en France et en Europe.

Selon vous, comment évolue l’Ouzbékistan moderne et quels domaines sont considérés comme les plus prometteurs pour le développement de la coopération entre nos deux pays ?

- Comme l’a souligné le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères M. Jean-Yves Le Drian, l’Ouzbékistan s’est engagé sur une voie de progrès et de développement. Il joue un rôle précieux dans l’équilibre de la région, sa politique de bon voisinage permet de créer un environnement régional favorable au développement des échanges. De tous les pays de la Communauté des Etats indépendants, c’est celui qui a mis en œuvre la vague de réformes la plus ambitieuse et la plus profonde depuis plus d’un an. La politique menée par le président Mirziyoïev et le ministre Kamilov en faveur de la paix, la sécurité et la stabilité régionale, est saluée à Paris et ailleurs. Leurs efforts ont notamment permis d’avancer dans la stabilisation de l’Afghanistan, qui est un sujet majeur pour l’ensemble de la communauté internationale. La France et l’Union européenne entendent aussi y contribuer, notamment à travers la stratégie sur la connectivité eurasiatique.

Concernant les domaines dans lesquels nous souhaitons développer notre coopération, elles ont été identifiés et soutenus avec force par la Commission mixte franco-ouzbèke qui s’est tenue le 20 juillet dernier sous la co-présidence de M. Sukhrob Kholmuradov, vice-Premier ministre, et M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Cette plateforme de dialogue politique et économique, à laquelle sont associées des entreprises des deux pays, a examiné tous les volets de notre coopération et a identifié de nouvelles orientations en vue de diversifier et d’approfondir nos échanges : l’économie, les services communaux, l’industrie, l’innovation, l’espace, le tourisme, la culture.

Qu’attend la France du prochain sommet franco-ouzbek ?

- Nos deux chefs d’Etat ont de nombreux sujets à aborder. Car, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, la France, elle aussi, s’est engagée dans un projet de transformation et de modernisation dans le champ de l’innovation, des nouvelles technologies, de l’attractivité de la place financière de Paris ou encore de l’excellence universitaire et scientifique. Il y a aussi des sujets stratégiques. Par exemple, la coopération spatiale. C’est un enjeu d’une importance singulière qui répond à un impératif de souveraineté nationale. La France est aujourd’hui l’un des seuls pays au monde à pouvoir offrir un partenariat spatial global, qui comprend toutes les dimensions : la recherche scientifique, l’industrialisation, mais aussi la coopération entre secteurs public et privé pour l’organisation d’une filière intégrée, sa régulation et la formation. Nous sommes prêts à accompagner l’Ouzbékistan dans le cadre de sa réflexion stratégique sur l’espace.

Dernière modification : 09/10/2018

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